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  • Emmanuel Versace

Ian Lipinski : « Il faut ouvrir le débat des volumes d’étrave en Imoca »


Quand l’un des plus beaux palmarès Mini6.50 et Class40 donne son avis sur les foilers de dernière génération, les bateaux d’ancienne génération (avec et sans foil) et la contrainte du volume d’étrave imposée par la classe Imoca60, eh bien, on l’écoute.


Certes Ian Lipinski est un adepte des bateaux type « scow » sur lesquels il a collectionné titres et records mais, selon lui, les étraves larges aujourd’hui très encadrées par la jauge Imoca, est la solution pour (enfin ?) réduire les coûts de développement exponentiels des foils et, une pierre deux coups, leur couper leurs ailes d’Airbus A380 qui ont une fâcheuse tendance à ratisser large au milieu des océans dont les habitants nous tolèrent à peine.


« On est actuellement dans le hanger de Thomas Ruyant (LinkedOUT). Je suis super content de ce qu’il a fait. Il va dépasser le point où il s’était arrêté il y a quatre ans. A ce point de la course, je suis assez admiratif des Benjamin Dutreux (OMIA-Water Family) et Damien Seguin (APICIL). Je trouve ça génial qu’ils soient bizuths et aux avant-postes, alors qu’ils ont des bateaux d’ancienne génération.


Devant, Yannick Bestaven (Maître CoQ), Thomas Ruyant et Charlie Dalin restent groupés. C'est sur la casse matérielle reste un élément important dans les grandes courses comme le Vendée Globe. Le moindre problème rebat tout de suite les cartes. Je suis impressionné par le peu de temps que Charlie Dalin a mis à réparer son système de foil bâbord. On verra si sa réparation va tenir. C’était d’une efficacité redoutable.


Ouvrir le débat


On voit la limite de ces grands foilers de dernières générations sur du solitaire et de grandes courses comme le Vendée Globe. Le rendement de vitesse est faible. Je pense que les foilers vont à la vitesse qu’ils peuvent aller. Il semble que c’est difficile pour eux d’aller plus vite. Est-ce que c’est l’inconfort ou la peur de casser ? On ne sait pas trop pourquoi.


Je suis assez convaincu que dans les conditions qu’ils rencontrent et même sans foils, un bateau de type « scow » pourrait être très compétitif. Je pense notamment aux bateaux que David Raison (architecte du Class40 n°158 Crédit Mutuel d’Ian, ndlr) a développés et de Samuel Manuard avec L’Occitane en Provence d’Armel Tripon.




Je trouve que le débat doit être ouvert sur la limitation des volumes d’étrave en Imoca. Je pense que ce serait intéressant d’ouvrir des possibilités là-dessus. Ça amènerait des solutions pour réduire les coûts. Ça augmenterait la fiabilité en diminuant la complexité de pièces comme les foils, leurs coûts de fabrication et d’étude. Et ça diminuerait aussi la probabilité de taper en laissant moins de choses trainer dans l’eau.


600,000 € la paire de foils





Même si c’est difficile de comparer les vitesses d’Armel avec le trio d’avant, parce qu’ils ne sont pas dans les mêmes systèmes météo, Armel a prouvé en début de saison que son bateau était beaucoup plus rapide. Il est en ce moment très véloce et je pense que la vie à bord doit aussi être beaucoup plus simple. Son concept de scow est limité aux contraintes d’étrave mais on peut imaginer aller beaucoup plus loin en 60 pieds. J’aimerais qu’on réfléchisse à une solution que si on s’affranchissait des foils, une règle permettrait aussi de s’affranchir des contraintes de volume d’étrave. Ce serait une voie très intéressante à explorer.


On voit aujourd’hui des sponsors historiques du Vendée Globe comme PRB qui, d’après ce qu’ils disent, peinent à avoir des projets de bateaux neufs comme ils l’ont toujours fait. C’est dommage.


C’est vrai que la course technologique est passionnante mais quand on voit le coût des foils et que les grosses équipes changent deux à trois fois avant le Vendée Globe et qu’ils tapent ou cassent, à 600,000 € la paire, le calcul est rapide. C’est une part importante d’un budget Imoca.


Depuis que j’ai découvert le scow, les avantages sont énormes entre la performance et la diminution des coûts. Sur ce Vendée Globe là, quand on voit les bateaux de Benjamin Dutreux (OMIA - Water Family), Damien Seguin (APICIL) ou Jean Le Cam (Yes We Cam !) qui sont là où ils sont, ils auraient ne serait-ce qu’un bateau avec un grosse étrave scow, ça déboiterait. Déjà là, ils font de grosses moyennes et ils vont même voire plus vite que les foilers, alors en scow…


Ends


Photo Credit 1: Breschi Live / Credit Mutuel

Photo Credit 2: Armel Tripon Sailing

Photo Credit 3: Eloi Stichelbault

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